J.P.
Saint‑fosse‑ten‑Noode, 17 septembre 1997 (Rev. Not. novembre
1998, p. 628)
EXPROPRIATION POUR CAUSE D’UTILITE PUBLIQUE ‑ EXTREME URGENCE ‑ PREUVE ‑ APPRECIATION DANS LE TEMPS ‑APPRECIATION IN CONCRETO ‑ UTILITE PUBLIQUE ‑ PREUVE CONTRAIRE.
Il appartient à la partie
expropriante de démontrer l’existence de l’extrême urgence non seulement au
moment de l’arrêté d’expropriation, mais également au montent où la procédure
judiciaire est engagée.
La notion d’extrême urgence ne
peut être examinée in abstracto, mais doit l’être concrètement eu égard à
l’objectif poursuivi par la partie expropriante.
La partie expropriante,
connaissant parfaitement les intentions de la partie expropriée de rénover et
d’affecter à l’hôtellerie les deux immeubles faisant l’objet de
l’expropriation, est impérativement tenue de prendre position clairement et
rapidement quant à la réalisation de l’expropriation.
Le manque de moyens financiers,
invoqué pour justifier une interprétation large de l’extrême urgence, est un
aveu de l’intention de l’expropriant de transférer la propriété des immeubles à
exproprier à une tierce personne privée et, partant, du défaut d’utilité
publique.